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Nous sommes à Bitam le 1novembre 2018, il fait 23h quand un vieillard machette à la main fait irruption dans le célèbre bar Démocratie. Paniqués, les occuoccupantspants fuient comme les oiseaux. Où sont-ils? s'exclame le vieillard. Le pauvre venait juste d'apprendre le viol de sa petite fille par la bande à René Ndemezo'o. Cette scène va alors ouvrir un débat dans le bar. Pendant les discussions, un seul nom sort le Boss, le Vieux, le Capo entendez par là : René Ndemezo’o Obiang.

Au cours de la discussion entre les disciples de bacuste, un certain Maho intervient pour annoncer à Aldo (un bandit de grand chemin) qu'une plainte pour menace de mort sur un candidat est déposée à Oyem . Sans perdre aucun mot de ce dialogue entre les deux chefs de bandits, nous décidons alors de creuser cette affaire de menace de mort sur un candidat aux législatives dans le canton Ntem1 et Mveze.
Disons que le fameux Aldo séance tenant, a appelé le Boss au téléphone devant les autres consommateurs. Le One Capo en bon parrain à fini par rassurer son homme de main que rien ne lui arrivera tant qu'il est aux affaires. Voilà alors commencé un autre débat sur l'impunité du banditisme à Bitam.
Ne prenant pas au sérieux les discussions des bars à Bitam malgré la scène à la machette, nous sommes rentrés à notre hôtel situé en plein marché. Depuis la fenêtre, on décide d'observer la ville. Une cohorte de jeunes arrivèrent avec les mégots de chanvre indien à la main. On fume en paix ici depuis que Martial Edoh est venu nous dire que le Boss est content du travail abattu lors du deuxième tour à Ntem et Mveze. Depuis la fenêtre de notre hôtel on entendait ces jeunes drogués parler en se ventant même des actes de barbarie comis sur les villageois de Ntem &Mveze et sur les pauvres bitamois.
Le matin venu, nous avons décidé d'écouter les informations sur la radio locale “Radio Nord-Sud”. Nous tombons par hassard sur la communication d'un candidat PDG aux législatives Charles Mve Ellah l'homme que le fameux Aldo aurait menacé.
“J’ai vécu les moments très difficiles lors du deuxième tour, les populations ont été menacées par une milice diriger par un colonel à la retraite. J'ai moi même été exfiltré de mon village sous escorte des gendarmes…” . Le candidat PDG venait de denoncer publiquement une situation chaotique et dramatique subie par les populations de Bitam. Les propos de l'homme politique nous a permis de mener une enquête profonde sur cette affaire de menace de mort et intimidations à Ntem et Mveze lors du deuxième tour aux legislatives.
Meyo-Kye fut notre première étape, là-bas un homme nous accueille, nous lui demandons si le scrutin s'était bien passé. Il répond que “oui dans la forme mais sur le fond non car la milice du colonel Minko Mi Nguema empêchait certains électeurs d'aller voter”. D’ailleurs qu'il a fallu l'intervention du Sous-préfet pour dissuader ces gangsters de libérer les abords du bureau de vote qu’ils occupaient depuis 06h00 du matin.
Après Meyo-Kye, nous regagnons Mekome-Esseng, les populations témoignent que la menace avait atteint le sommet. Car certains gars de la milice votaient sans procurations malgré le fait qu’ils ne sont incrits nul-part sur les listes elctorales du siège. C'est ainsi que les personnes décédées ont pu voter. Il faut rappeler que ¾ des présidents des bureaux de vote avaient été remplacés à 4h du vote.
Donc le président du bureau de vote de Mekome-esseng faisait partir de la milice. Il imposait tout aux autres scrutateurs.
Par la suite , nous arrivons à Akamsi le village du candidat Charles Mve Ellah. Sur le visage de notre guide on perçoit la colère. “ces bandits étaient ici depuis 5h du matin le jour du vote. Ils étaient armés de fusils et couteaux. Ils étaient tous logés chez Mve Messa Fridolin” le syndicaliste demanda un collègue “Oui c'est lui, un fils du village qui sème la division et la violence ici “ face à la menace de la milice , certains jeunes étaient obligé de prendre des fusils de chasses et des machettes pour dissuader ces gangsters venus de la Commune sur ordre de René Ndemezo'o et son colonel à la retraite Minko Mi Nguema.
Les responsables du CGE ont été empêchés de faire leur travail dans certains village nous confirme Jean un ancien instituteur à la retraite. Il nous fait savoir que son neveu qui devait être président du bureau de vote à Adzab Effack avait reçu un coup de fil venant du colonel lui demandant de ne pas venir car son nom à été remplacé par un autre. Grâce à cette information, nous avons compris pourquoi ¾ des présidents avaient été remplacés nuitamment.
Notre périple a continué dans tout le canton, malgré l'état de la route. Les villageois en colère contre le hold-up électoral denoncent l’implication du President du CES dans la manipulation des consciences. Les jeunes gens en veulent aux forces de l'ordre qui observaient ces milices sans réagir. Normal , les pauvres ne sont pas pour la plupart originaires de Bitam. Peur de représailles, certains préfèrent laisser évoluer l'insécurité. Car si cette milice arrive à menacer un haut cadre du PDG dans son village qu'en sera-t-il d’un pauvre gendarme non Fang?
La force de cette milice repose sur René Ndemezo'o qui garantit une impunité totale aux malfrats depuis des décennies. La ville de Bitam est devenue un asile de bandits et autres drogués. On braque on tue, on vole et on se balade en paix. Le Vieux assure les arrières de ses bons petits. Ils peuvent agresser n'importe qui même les gendarmes sans rien craindre. Certains malfrats sont des meurtriers comme Aldo et Lazare Ebouboua. D'autres des vendeurs de drogues comme Maho, sans compter des voleurs et autres braqueurs.
Il est temps que L'Etat ouvre un commisariat , ou une base militaire à Bitam pour protéger les populations face à la milice du vieux One Capo. Il faut que les juges fassent arrêter ces bandits. Si le procureur Nguema Essonne Antoine avait freiné cette milice en son temps c'est parce qu'il ne cédait pas au chantage de Ndemezo'o René. Il faisait respecter la loi en toute circonstance. En rentrant nous apprenons qu'une fille a poignardé Maison de Fer un bandits qui voulait la violer. La jeune fille a été mise aux arrêts par les gendarmes.
La question reste à savoir: que faut-il faire quand la justice est impuissante?